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Gestion des déchets urbains en Argentine

Etudes de cas de conflits dans la province de Buenos Aires

Evento:Colloque International « La gouvernance : vers un cadre conceptuel » organisé par l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) de Genève. Du 22 au 24 novembre 2007 à la Maison des Associations à Genève.

Autor de la conferencia: Alexandre Roig (Université de San Martín, Argentine) ; Cecilia Cross (Université de Buenos Aires, Argentine ; CEIL Piette-CONICET)

Otros detalles de la conferencia: Intitulés des communications « Une analyse comparée des deux projets de ‘gestion sociale’ des résidus solides urbains dans l’aire métropolitaine de Buenos Aires » ; « Gestion sociale des résidus solides urbains dans le Grand Buenos Aires : problèmes de gouvernance dans une politique de décentralisation démocratique et de développement local »

Resumen

Cette fiche reprend deux interventions qui portent sur le même sujet : la gestion des déchets urbains à Buenos Aires. La première intervention porte sur une analyse à l’échelle « macro » de la gestion des déchets urbains. Traditionnellement, les déchets dans l’aire métropolitaine de Buenos Aires sont considérés comme des produits sans utilité. Or, ceci semble changer avec de nouveaux acteurs qui, en recyclant les déchets, leur donnent une nouvelle valeur. Ces acteurs sont les organisations publiques, les entreprises privées, les organisations sociales et les habitants des zones de déchets. Le Cadre Analytique de la Gouvernance permet de construire deux modèles paradigmatiques et concurrents de gestion de déchets qui s’affrontent pour cette valeur ajoutée apportée par le recyclage. La seconde intervention est une étude de cas d’un quartier construit sur des ordures. Cette aire spécifique se caractérise par une très grande hétérogénéité des acteurs qui pose en même temps le problème de la gouvernance et celui de la gouvernabilité.

Síntesis de la conferencia

Alexandre Roig présente dans ses grandes lignes le système de retraitement des déchets dans la province de Buenos Aires. Tout le problème vient du fait qu’il n’y a pas assez de décharges pour pouvoir traiter les 20 000 tonnes par jour produites. La recherche de nouveaux sites de décharges se heurte au phénomène de « Nimby » (« Not In My Backyard » qui décrit tout mouvement d’habitant refusant l’implantation de nouvelles activités près du lieu de résidence).

Ce conflit est territorial. L’auteur relève aussi que la loi de gestion des ordures a été modifiée en 2004, afin que les « cartoneros » (récupérateurs argentins) puissent aussi valoriser les déchets. A priori pas de problème sauf que les cartoneros ne sont interessés que par les ordures à valeur marchande… Ce conflit est légal. Le pouvoir provincial et le pouvoir national ont cherché à formaliser le système avec deux programmes de gestion : un qui permette l’accès direct aux ordures et un autre qui ne laisse qu’un accès indirect.

En guise de conclusion, Alexandre Roig explique qu’il existe une opposition deux visions du déchet. La première version considère le déchet comme un stock. La seconde version considère le déchet comme un élément d’un cycle de production et de consommation. La force de travail étant, dans ce dernier cas, le lien entre cycle de production et cycle de consommation.

L’étude de Cecilia Cross, porte sur un « quartier littéralement construit sur les déchets » : Un groupe de personnes déplacé après une inondation qui a ravagé leur quartier et qui s’installe dans une décharge sauvage à l’air libre, utilisée depuis neuf ans. Ces habitants se sont constitués en « quemeros », c’est-à-dire qu’ils détruisent par le feu les déchets inutiles et revendent ceux qui sont utiles. Cette situation est prise en charge par plusieurs acteurs qui négocient, voire s’affrontent pour essayer d’améliorer les conditions de vie sur place et la gestion des déchets urbains.

En utilisant le Cadre Analytique de la Gouvernance, Cecilia Cross brosse le portrait suivant de la situation.

Les Acteurs sont le Gouvernement de la province de Buenos Aires, dont c’est la juridiction, le Ministère du développement social de la Nation qui doit favoriser le développement local, la municipalité qui essaie de récupérer le terrain, l’association « 21 de septiembre » qui rassemble les occupants du terrain et l’entreprise qui doit s’installer sur le site.

Les Points Nodaux identifiés sont la négociation sociale, la mise en œuvre de la plateforme sociale à l’étude, la négociation technique avec le CEAMSE, l’organisation du « 21 de Septiembre », le groupe de futurs travailleurs de la plate-forme.

Pour elle l’application du CAG permet de comprendre la complexité du problème, d’identifier les possibilités et les limites du processus de décentralisation, et de repérer les obstacles à la mise en œuvre des politiques de gestion sociale de déchets urbains.

 

Elementos de debate
Isabelle Milbert fait remarquer que ces études constituent une analyse pertinente du CAG. Par contre elle remarque que la bibliographie utilisée est très récente, alors que tout un travail sur des thèmes similaires a été effectué il y a une vingtaine d’années. Un intervenant dans la salle fait remarquer combien il est appréciable de ne pas avoir utilisé l’expression « gouvernance des déchets » mais plutôt celle de gestion des déchets. Alexandre Roig répond qu’il n’avait pas fait de distinction entre gouvernance et gestion dans son travail. Intervention dans la salle : « Un des points clés du CAG est l’identification des enjeux… Dans quelle mesure peut-on définir un problème unique, central par rapport à la problématique ? Quel serait l’effet vis-à-vis de la méthodologie de multiplier les enjeux et les problèmes selon les points de vue, etc. ? Réponse d’AR et CC : On cherche à savoir comment se construit la problématique. On rencontre toujours un conflit organisateur des autres conflits. On peut donc identifier un conflit central qui permet d’aborder la totalité des conflits : ce qui importe c’est de trouver un principe unificateur de conflits divers. Questions dans la salle : quelle est la relation entre ce mouvement spécifique (le « 21 de septiembre ») et les autres mouvements politiques ? Réponse de CC : Pour moi le plus important vient du syndicat « tierra viviente ».

Redactor: Samuel Kenny

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